AddictoScope | Varénicline et sevrage tabagique : une revue de la littérature

Article commenté par : L’équipe éditoriale AddictoScope

Le trouble d’utilisation du tabac, tel que défini par le DSM-V, comprend des symptômes tels que la consommation de tabac en quantités plus importantes que prévu, des fringales, des tentatives infructueuses d’abandon du tabagisme, et le symptôme de sevrage tabagique avec son lot de conséquences sociales et sanitaires. Bien que 70% des fumeurs aient exprimé le désir de cesser de fumer, 80% de ceux qui tentent d’arrêter de fumer recommencent à fumer lors du premier mois d’abstinence et moins de 3% restent abstinents pendant à un an. Sachant que la consommation de tabac provoque un décès prématuré toutes les six secondes, ces données soulignent le besoin urgent de traitements efficaces de la dépendance au tabac, afin de réduire les coûts individuels et publics du tabagisme.

Cette revue de la littérature a été conduite afin d’évaluer l’intérêt de la varénicline comme outil d’aide au sevrage tabagique, en précisant notamment les défis actuels et les orientations futures en matière de recherche clinique.

Les aides au sevrage tabagique actuelles comprennent les thérapies de remplacement à base de nicotine, le bupropion et la varénicline. Le développement de la varénicline a été basé sur une justification théorique solide et des preuves précliniques. La varénicline est le premier médicament développé pour cibler sélectivement l’activité de la nicotine au niveau des récepteurs neuronaux de l’acétylcholine α4ß2, le principal mécanisme d’action de la dépendance à la nicotine. En tant qu’agoniste partiel puissant, la varénicline atténue la libération de dopamine induite par la nicotine et réduit la valeur de renforcement de la nicotine. Parce que la varénicline provoque une activation partielle des récepteurs α4β2 en l’absence de nicotine, il atténue également les symptômes de sevrage pendant l’abstinence.

Dans les modèles animaux précliniques, la varénicline bloque la sensibilisation locomotrice induite par la nicotine ainsi que l’auto-administration et la réintégration de la recherche de nicotine induite. Lorsqu’elle est administré seule, la varénicline a une valeur de renforcement modeste entraînant un risque faible de mésusage. Egalement, les différents essais cliniques réalisés ont démontré que la varénicline est sûre et bien tolérée, l’effet indésirable le plus courant, la nausée, survenant chez environ 30% des patients et étant souvent atténué par une recherche de dose personnalisée. Enfin, bien que les premiers rapports post-commercialisation aient identifié des événements indésirables neuropsychiatriques et cardiovasculaires potentiellement associés à la varénicline, des études ultérieures ont montré que la probabilité de ces événements restait faible chez les personnes sans trouble préexistant. Néanmoins, la varénicline a été reconnue avoir une influence mineure ou modérée sur l’aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines, la prudence s’impose donc pour ces patients.

En conclusion, la varénicline, se liant avec une affinité supérieure à celle de la nicotine aux récepteurs nicotiniques neuronaux de l’acétylcholine α4ß2, s’est avérée être plus efficace que le bupropion et les traitements de substitution pour maintenir l’abstinence au tabac. Egalement son profil de tolérance reste favorable à la fois lors des essais initiaux, des méta-analyses et lors de la surveillance post-commercialisation.

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